1) L’ancien : légère hausse, mais davantage de négociation
En Savoie (73), l’appartement ancien affiche 3 810 €/m² (+1,1%) pour 5 045 ventes : c’est le segment le plus fluide, parce que beaucoup d’acquéreurs se reportent sur l’ancien quand le neuf se raréfie et que le crédit reste exigeant.
En Haute-Savoie (74), l’ancien est à 4 340 €/m² (+1,6%) pour 8 467 ventes, porté par les zones tendues, notamment autour d’Annecy et du bassin frontalier.
Traduction concrète : les biens “propres”, bien situés et bien notés énergétiquement se vendent vite ; les autres se vendent… mais au prix d’une discussion technique (audit, travaux, copropriété, calendrier).
2) Le neuf : segment sous tension, ajustements plus visibles
Le neuf encaisse le cumul coûts de construction + foncier + normes, avec des acquéreurs plus contraints au financement.
En 73, le neuf recule à 4 970 €/m² (-4,6%) (958 ventes) : on voit davantage de pression commerciale, de remises et d’arbitrages sur les surfaces.
En 74, le neuf est quasi stable à 5 110 €/m² (-0,7%) (2 011 ventes) : l’offre reste contrainte, donc la baisse est limitée, même si les volumes restent freinés.
3) Les maisons anciennes : recherchées, mais la demande se “nettoie”
La maison ancienne reste un objet de désir (espace, extérieur), mais la demande se concentre sur les biens sans travaux lourds.
73 : 310 000 € (+1,6%) pour 2 275 ventes.
74 : 459 700 € (+1,0%) pour 3 770 ventes, niveau élevé tiré par les secteurs les plus tendus.
4) Le foncier : dynamique opposée entre 73 et 74
Ici, la contrainte est structurelle (urbanisme, environnement, rareté).
En 73, le terrain monte : 101 000 € (+3,9%), volumes faibles (336 ventes) — hausse davantage liée à la rareté et aux bons emplacements qu’à un “boom”.
En 74, le terrain baisse : 190 000 € (-2,8%) (591 ventes) — signe d’un marché plus “sélectionné”, avec arbitrages de surface et négociation.
5) 73 vs 74 : l’écart reste massif
À l’échelle départementale, la Haute-Savoie demeure structurellement plus chère : +14% sur les appartements anciens, +48% sur les maisons anciennes, +88% sur le prix médian des terrains.
Marché « sélectif » : la qualité (DPE/travaux) et la solvabilité font le prix.Concrètement, DPE, coût des travaux et capacité d’emprunt deviennent déterminants : les biens performants se vendent vite, les autres doivent être re-pricés.
Indicateurs (prix indicateur : €/m² pour les appartements ; prix médian pour maisons/terrains)
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Segment |
73 Ventes |
73 Prix |
73 Var. |
74 Ventes |
74 Prix |
74 Var. |
|
Appartements anciens |
5 045 |
3 810 €/m² |
+1,1% |
8 467 |
4 340 €/m² |
+1,6% |
|
Appartements neufs |
958 |
4 970 €/m² |
-4,6% |
2 011 |
5 110 €/m² |
-0,7% |
|
Maisons anciennes |
2 275 |
310 000 € |
+1,6% |
3 770 |
459 700 € |
+1,0% |
|
Terrains |
336 |
101 000 € |
+3,9% |
591 |
190 000 € |
-2,8% |

Figure 1 – Variations annuelles par segment (73 vs 74).
Conjoncture actuelle (01/11/2024–31/10/2025)
A. Savoie (73) – Lecture du marché
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Points saillants (Savoie) |
Segment le plus liquide : la demande se reporte sur l’ancien quand le neuf se raréfie et que le crédit reste sélectif.
Le recul du prix indicateur traduit une pression commerciale (stocks, remises) et des arbitrages de surface au moment de l’achat.
Marché porté par la recherche d’espace, mais fortement dépendant du financement et du niveau de travaux à prévoir.
Volumes limités : la hausse du prix médian s’explique surtout par la rareté et la qualité des emplacements, plus que par un « boom » des ventes. |
Le marché savoyard est dual : bassins urbains (arbitrage budget/crédit) et zones touristiques (demande de petites surfaces). En 2025, l’ancien tient ; le neuf ajuste davantage.
Figure 2 – Appartements : prix médians au m² (ancien vs neuf).
Typologie ventes (ancien) : studios 24,3% – 2p 27,1% – 3p 26,5% – 4p 16,5% – 5p+ 5,7%.
B. Haute-Savoie (74) – Lecture du marché
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Points saillants (Haute-Savoie) |
La demande frontalière et le bassin annécien soutiennent les niveaux, surtout sur les biens bien situés et bien notés en DPE.
Prix plutôt stables : l’offre est contrainte, mais l’accès au financement continue de freiner les volumes.
Niveau médian élevé, tiré par le Genevois et l’arc annécien ; la rareté de l’offre joue à plein.
Le recul annuel du prix médian traduit un marché plus « sélectionné », avec négociations et arbitrages surface/emplacement. |
Haute-Savoie : demande locale (Annecy) + frontalière (Genevois) = niveaux de prix mieux tenus. Le foncier reste la contrainte numéro 1.
Figure 3 – Maisons : prix médians (ancien vs neuf).
Typologie ventes (ancien) : studios 14,8% – 2p 29,6% – 3p 32,1% – 4p 17,6% – 5p+ 5,8%.
C. Lecture croisée 73 / 74 – points de vigilance
Le marché reste résilient, mais il trie : la qualité énergétique, l’état de la copropriété et la solvabilité font la différence. La Haute-Savoie est structurellement plus chère ; la Savoie garde une vraie profondeur touristique.
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Indicateur clé |
73 |
74 |
Écart 74 vs 73 |
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Appartements anciens – €/m² |
3 810 €/m² |
4 340 €/m² |
+14% |
|
Maisons anciennes – prix médian |
310 000 € |
459 700 € |
+48% |
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Terrains – prix médian |
101 000 € |
190 000 € |
+88% |
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Figures 4-5 – Terrains (prix médian & €/m²) et typologie des ventes d’appartements anciens.
Neuf : reprise lente (coût, financement).
La reprise dépendra de la baisse effective des taux et de la capacité des opérateurs à relancer des opérations (permis, précommercialisation), ce qui prend du temps.
Foncier : contrainte durable, surtout en 74.
En 74 surtout, la pression démographique rencontre un foncier structurellement limité : la tension alimente la densification et le report sur la rénovation.
Ancien : stabilité globale, mais fortes décotes sur biens énergivores.
Les biens énergivores (F/G) subissent des décotes et des discussions sur les travaux ; à l’inverse, les logements sobres en énergie gardent une prime.
Le marché 2025 ne s’effondre pas : il se rationalise. En 2026, la tendance la plus probable est une remontée graduelle des volumes si le crédit se détend, mais une formation des prix au cas par cas, où l’énergie, les travaux et la sécurité du montage pèseront plus que jamais.
Et les Prévisions 2026 ? .
Le Scénario central sera une amélioration graduelle du crédit ⇒ laquelle aura pour conséquence une reprise modérée des volumes ; les seront prix globalement stables, avec des écarts marqués selon localisation et la qualité ( enfonction des DPE / et travaux).
Hypothèses plausibles :
taux en léger reflux
Un reflux même modéré améliore la solvabilité, mais ne rétablit pas les niveaux d’avant 2022 : l’effet se verra d’abord sur les volumes, puis sur les prix.
offre neuve/foncière limitée
Avec une offre contrainte, la baisse des prix a des planchers : la rareté encadre la reprise et entretient des écarts entre micro-marchés.
marché plus technique (DPE, copro, travaux).
DPE/audit, copropriété (PPT), travaux et assurances : le temps d’instruction des dossiers augmente et la négociation devient plus « technique ».
Une prospective des prix en 2026 :
|
Segment |
Terr. |
Volumes |
Prix |
Lecture |
|
Appart. anciens |
73 |
+3 à +6% |
0 à +2% |
Reprise avec négociation. |
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Appart. anciens |
74 |
+2 à +5% |
+1 à +3% |
Soutien Annecy/Genevois. |
|
Appart. neufs |
73 |
0 à +3% |
-1 à +1% |
Stabilisation après -4,6%. |
|
Appart. neufs |
74 |
+1 à +4% |
0 à +2% |
Offre contrainte. |
|
Maisons anc. |
73 |
+2 à +5% |
0 à +2% |
Crédit déterminant. |
|
Maisons anc. |
74 |
+1 à +4% |
0 à +3% |
Demande frontalière. |
|
Terrains |
73 |
0 à +3% |
0 à +3% |
Arbitrage surface/prix. |
|
Terrains |
74 |
-1 à +2% |
-1 à +2% |
Volumes limités. |
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Point pratique (notariat) :
Sécuriser le financement avant tout : soigner les délais, les prorogations et les justificatifs bancaires pour éviter les caducités.
Encadrer les travaux (périmètre, autorisations, entreprises) et traduire l’impact DPE dans l’acte (décote, séquestre, condition).
Vérifier PLU, servitudes, accès et réseaux ; prévoir des clauses claires sur permis, viabilisation et répartition des coûts. |
Schéma – Moteurs 2026 (crédit, offre, qualité énergétique).
Conclusion : 2026 devrait être une année de normalisation plutôt que de rattrapage. Les volumes remonteront si le crédit s’assouplit, mais les prix resteront encadrés par l’offre rare et la qualité énergétique ; la lecture se fera bien davantage « dossier par dossier ».
A propos de l'auteur:
Me Ludovic VULLIERMET - NOTAIRE – Officier Public et Ministériel.
*Chargé de Cours et d’ Enseignements des UNIVERSITES DE SAVOIE - MONT BLANC, GRENOBLE – ALPES et JEAN MOULIN LYON III.
UFR POLYTECH et UFR FACULTE DE DROIT / COLLEGE DU DROIT .
- Droit de l’Urbanisme (Droit Public) et Droit de la construction (Droit Privé) / Aménagement du Territoire .
- Droit des Collectivités Locales / Droit Immobilier des Collectivités Locales.
*Chargé de Cours et d’ Enseignements du GROUPE INSEEC U (Institut des Hautes Etudes Economiques et Commerciales) INSEEC MSC & MBA et du GROUPE ECORIS (L’école de l’Entreprise)
- Gestion de Patrimoines et Droit des Personnes (Droit des Successions et Droit des Régimes matrimoniaux) .
- Fiscalité Immobilière et Marchés Immobiliers.