Quel beau métier que celui de jardinier paysagiste. Façonner un jardin, le remettre en état de produire pour l’alimentation d’une famille, mais aussi pour le plaisir des yeux, c’est le métier qu’exerce Guillaume Exertier Aubert depuis 2018 en tant qu’autoentrepreneur.
Rien ne le destinait à emprunter cette voie, si ce n’est sa capacité d’adaptation et sa résilience. Guillaume avait exercé son métier de professeur instructeur de capoeira pendant 15 ans quand les subventions se sont taries. Le choix était de retourner à l’usine ou d’imaginer une autre voie et c’est ce qu’il a fait. Armé de ses droits à formation et de son appétence pour le jardinage, il est pris pour suivre une formation de jardinier paysagiste de 8 mois au Lycée horticole de Reinach. Pendant son parcours il fait des stages chez Claude Burtin, horticulteur réputé et généreux de son savoir. Son diplôme en poche, le voici embauché en CDD pour un an par le CORTIE à Drumettaz, une association loi 1901 dont mission est la réinsertion de personnes éloignées de l'emploi via le maraîchage biologique et des travaux environnementaux.
A l’issue de ce contrat, c’est décidé, il va lancer son activité. Et le parcours du combattant commence. Fort de ses contacts il a déjà identifié les premiers clients qui sont prêts à lui faire confiance. Autoentrepreneur, ça se fait en quelques clics n’est-ce pas ? Pas si simple, c’est ce que va découvrir Guillaume pendant les 6 mois qui vont suivre, suspendu au téléphone et renvoyé d’attente en impossibilités par le labyrinthe administratif dans lequel nous excellons. Et un jour, le coup de fil providentiel d’une fonctionnaire l’aide à trouver le bon statut et à finaliser son dossier dans cet océan de formalités. Que s’est-il passé ? Mystère et boule de formulaire CERFA.
Nous sommes en 2018 et ça y est, Guillaume peut enfin satisfaire les demandes en attente et lancer son activité. Aujourd’hui, il est établi à Mouxy. Son jardin est une publicité vivante pour son travail, on y voit ce qu’un potager, même de taille modeste, peut produire s’il est bien travaillé : des haricots, des tomates qui ont produit quasiment sans arrosage. Le secret, sélectionner les bonnes variétés, travailler la terre et respecter ses cycles.
Ce qu’il fait chez lui il le fait aussi chez des particuliers, les collectivités ou les entreprises. Son rôle peut relever de l’entretien courant : tonte, taille et débroussaillage, mais peut aller jusqu’à créer ou modifier complètement un espace vert. C’est ce qu’il affectionne tout particulièrement, utiliser ses connaissances en botanique, sa créativité, son sens de l'esthétique et les partager avec ses clients. Pour cela il devra analyser l’existant, proposer des solutions en gardant à l’esprit l’évolution des plantations sur le long terme et mobiliser ses capacités d’écoute pour satisfaire ses clients. Son rythme de travail est étroitement lié aux saisons et aux conditions météorologiques, avec des pics au printemps et en été.
Jardinier paysagiste est un métier qui ne cesse d’évoluer. Le secteur connaît une tendance forte vers le bio et les pratiques durables (gestion des eaux, préservation des sols, choix d'espèces locales). Guillaume teste et apprend au quotidien. Il s’est spécialisé dans les érables dont diverses essences ornent son jardin et dans les agrumes qu’il teste lui-même.
Guillaume continue à se battre au quotidien pour remplir ses obligations administratives qui ne cessent de s’empiler, mais il fait face. A la question de quoi êtes-vous le plus fier, il répond simplement ma fille. Et professionnellement ? « Avec juste le bac (compta – gestion) en poche, j’arrive à me débrouiller, j’ai un toit sur la tête, à manger, la sécurité, je réussis bien ma vie, je suis heureux ».
Images Copyright Guillaume Exertier Aubert
Nathalie ROC MAWET